AG 2017 – Bilan Moral

Au départ

Le 25 avril 2016, notre association l’Inventerre du Pré Vert est déclarée au tribunal après y avoir déposé les statuts.

La création de l’association émane d’une réflexion et de l’envie de personnes qui se sont rencontrées à plusieurs reprises pour monter le projet, ces personnes sont des consommateurs et des producteurs, ce sont eux qui ont porté le projet qui reprend les objectifs suivants :

  • – promouvoir un mode de consommation différent, soutenir et privilégier l’agriculture biologique et locale, promouvoir les circuits courts
  • -développer une économie collaborative, expérimenter des modes de fonctionnement collaboratif et coopératif –
  •  – développer le partage des connaissances et des savoir-faire.

Pour mettre en œuvre ces objectifs, l’outil retenu par tous a été en premier lieu l’ouverture d’un lieu de vente.

Ce lieu a été inauguré le 11 juin dans un local de la MJC.

Nous voulons consommer différemment. Nous voulons un mode de consommation écologique, solidaire et responsable qui privilégie l’agriculture biologique locale et les circuits courts.

Des agriculteurs du territoire ont fait le choix de produire en respectant la terre, le paysage, de préserver la ressource en eau potable et la biodiversité. Ils contribuent à la régulation des eaux de ruissellement donc à nous protéger des inondations, catastrophes si pénibles pour les populations atteintes et dont les médias nous abreuvent si souvent. En consommant autrement, on permet à ces producteurs de vivre de leur travail et de leur terre, on favorise le maintien d’une économie locale et rurale. Sachez qu’à surface égale, une ferme bio nécessite davantage de main d’œuvre qu’une ferme conventionnelle, environ 1.6 fois plus. En soutenant ces producteurs nous sommes des consommateurs responsables, nous participons à la régulation du réchauffement climatique. Cela rompt également la chaine de l’industrie agro-alimentaire mondiale qui demande aux paysans de produire à moindre coût à grande échelle. Plus d’1 milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim. Et pourtant, la majorité d’entre eux sont des ruraux qui vivent de l’agriculture et de l’élevage. Dans le monde, ceux qui produisent la nourriture souffrent le plus de la faim. En France, les agriculteurs vendent leurs récoltes souvent en dessous des coûts de production. A l’Inventerre, nous avons choisi de les laisser fixer leurs prix. En échange, nous leur demandons qu’ils soient justes pour les consommateurs.  Nous sommes responsables en achetant seulement ce que nous consommerons, en limitant les déchets comme les emballages, en les réutilisant ou en recyclant. Dans notre local, nous expliquons et dialoguons sur tous ces thèmes.

Nous voulons d’une économie collaborative et expérimenter des modes de fonctionnement collaboratif et coopératif

Qu’est-ce que l’économie collaborative ?

L’économie collaborative est une économie de pair à pair. Elle repose sur le partage ou l’échange entre particuliers de biens (voiture, logement, parking, perceuse, etc.), de services (covoiturage, bricolage, etc.), ou de connaissances (cours d’informatique, communautés d’apprentissage, etc.), avec échange monétaire (vente, location, prestation de service) ou sans échange monétaire (dons, troc, volontariat).

L’économie collaborative se développe dans tous les secteurs d’activités (liste non exhaustive) :

  • Logement : location entre particuliers, colocation, échange d’appartement, habitat participatif
  • Transport : location de véhicules entre particuliers, échange ou revente de billets de transport, covoiturage, livraison collaborative, voiture de tourisme avec chauffeur (VTC)
  • Alimentation : groupements de consommateurs, associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), co-restauration
  • Équipement divers : vente ou achat de matériel d’occasion, don, prêt, échange ou location de matériel ou appareil
  • Habillement : location, don, troc, revente/achat de vêtements
  • Services d’aide entre particuliers : courses, bricolage, gardiennage, soins aux animaux
  • Culture, enseignement : cours en ligne, soutien scolaire, etc.

Qu’est-ce qu’un fonctionnement collaboratif et participatif ?

C’est un fonctionnement qui fait appel à la collaboration de chacun en participant volontiers à un effort commun.

Maintenant

Vous êtes plus de 550 à nous avoir rejoints pour consommer autrement et à acheter au local de vente. Ceci a permis de consolider des emplois ; un boucher à la ferme d’Alteville, l’installation d’un jeune couple sur la ferme des 3 petits colibris. Nous attendons l’arrivée d’un paysan-boulanger de Morhange, des maraîchers s’installent à Guéblange-les-Dieuze.

1/10 d’entre nous, soit plus de 50 personnes, donnent de leur temps pour permettre à ce lieu d’exister. En premier lieu, les personnes du conseil d’administration qui se réunissent au moins une fois par mois. En second, les référents qui sont des liens entre les producteurs, l’association et les bénévoles. Mais également tous les bénévoles qui tenez une permanence. 10% est-ce un résultat satisfaisant ? Pour certains oui, pour d’autres non. C’est bien sachant que nous avons opté pour le volontariat. C’est insuffisant car cela revient souvent aux mêmes personnes, beaucoup sont à la fois au CA, référents et tiennent le lieu de vente. Certains s’inscrivent une fois par mois, d’autres répondent présents pour boucher un trou du planning, certains viennent toutes les semaines. J’ai peur de l’effritement de cet engagement. Si chacun donnait seulement 3 permanences par an, (est-ce beaucoup pour accéder à une nourriture saine et goûteuse ?) on pourrait ouvrir tous les jours de la semaine. Doit –on obliger les adhérents à tenir le lieu de vente ? Ou permettre à tous voire à des gens de passage d’acheter ? Nous avons un lieu de vente certes petit, mais c’est un lieu convivial, les producteurs et les consommateurs apprécient de venir tenir les permanences ou d’y faire leurs achats en prenant leur temps. Tenir le local de vente, c’est aussi aller à la rencontre des autres. En effet, les permanences se font par 2. Il arrive régulièrement que les 2 bénévoles ne se connaissent pas en arrivant pour leur permanence. Le local est donc ainsi un lieu de rencontre.

On y vient pour rencontrer d’autres personnes, y discuter, connaître et utiliser d’autres produits, apprendre des recettes…On y vient avec ses récipients, ses sacs, on ramène les emballages. Il n’y a pas tout, on se rend compte de la saisonnalité des légumes, des difficultés de conservation, de celles de l’approvisionnement par les producteurs. On change ses habitudes.

A venir

Nous voulons développer le partage des connaissances et des savoir-faire.

Et demain ? Parmi tous nos objectifs, nous nous sommes focalisés sur le local de vente. Beaucoup d’entre nous en sont frustrés. Mais en y regardant bien, nous avons témoigné de nombreuses fois, nous avons participé à des tables rondes, nous avons créé des liens avec des partenaires ou des institutions. Maintenant, nous désirons développer le partage des connaissances et des savoir-faire sur le bassin de vie. En effet, le local de vente n’est que la 1ère activité de l’association l’Inventerre du Pré Vert et nous allons développer d’autres « antennes ».

Les adhérents nous demandent de mettre en place des échanges de vêtements, la mise en place d’un S.E.L. (système d’échange local) ou d’une boîte à dons, ils nous proposent régulièrement des sujets de débats, ils ont envie de partager leur savoir comme la fabrication de lessive ou de savon, des recettes, expliquer comment se passer de viande, pourquoi manger bio…

Nous sommes en réflexion avec nos partenaires dont la MJC, le collectif solidarité, la médiathèque…sur 2 gros projets :

  • Un Repair Café : lieu d’accueil convivial de réparation de pair à pair, de vêtements, petit électroménager, cycles, meubles, jouets, numériques…
  • Un café associatif : C’est un espace de vie convivial dans lequel on vient prendre un verre mais surtout partager, apprendre et créer.

Toutes ces initiatives seront à construire par toutes les personnes intéressées. Le CA sera là pour vous accompagner !

Pour le CA de l’Inventerre du Pré Vert,
la présidente,
Véronique Montaudoin